menu

eric.m
bloc

autres pistes

attendre la nouvelle lune
les marées
la pluie
la lumière orangée de fin de journée
la lune rose qui se lève au bord de la mer
le repas du soir
le silence
attendre que le riz cuise
que la conversation s’anime
attendre le sommeil
un signe
un regard
un appel
une personne
la tombée du jour
le retour du jour

attraper les idées au vol
un mot, un son, un geste, une image, une pensée
le chant d’un oiseau, le vent, la rumeur des vagues perçue à distance
l’autre

La marche met le corps en transit.
Marcher est l’activité pratiquée par tous et toutes à chaque séjour de résidence.
Pour aller voir la mer. Pour aller à la rivière Moisie.
Pour observer le vol des hirondelles de mer.
Pour se rendre chez un voisin.
Pour aller cueillir des petits fruits, les graines rouges, les bleuets.
Pour repérer les champignons après la pluie.
Pour se rendre chez Marie-Josée et Marc.
Pour aller saluer monsieur Léon et admirer ses bonsaïs.
Pour aller à la rencontre d’un chien égaré.
Pour se retrouver.

Chaque trajet est unique.
Marcher vers un arc-en-ciel.
Marcher pour tracer un dessin dans la neige.
Marcher en groupe, à deux, en solitaire. Le jour, le soir, le matin, la nuit.
Tôt le matin, tard pour observer le ciel, les étoiles, la lune. Sous la pluie,
dans le brouillard.
Marcher vers les aurores boréales.
Marcher un matin d’automne lorsque le sol est recouvert de frimas et que
la végétation scintille de perles de rosée.

terme récurrent tout au long des résidences, dans la bouche des artistes
et du commissaire
prétexte pour amorcer un parcours, une relation avec le territoire
pour renouer avec ce territoire

que glanent les artistes ?
Bárbara : la magnétite et les paroles de quelques femmes
Douglas : les traces au quotidien
Catherine : les couchers et les levers de soleil
Elico : le bois de grève, les plumes d’oiseaux, les coquillages
Eric : les motifs des vagues, la cime des arbres, la géométrie abstraite des éléments naturels
Estela : les micro-impressions
John : les petits sons
Karen : la glaise, les algues, le foin de mer, les mots
Marie-Claude : les rejets de la mer, les algues, le lichen
Stephanie : les algues, les coquillages, les petits fruits rouges
Vincent : tout

Si le glanage des matériaux se fait souvent en solitaire, l’assemblage est fréquemment exécuté en présence d’autres personnes. Le mouvement des mains accueille et encourage l’échange, l’interaction, la conversation.
Je pense à Marie-Claude ou à Karen, qui s’exposent en travaillant et exécutent un travail en apparence machinal dans lequel la dimension affective semble se dissoudre dans la répétition d’un geste ou d’une action pour laisser libre cours à d’éventuels échanges spontanés.

les mains ont un rôle de premier plan
glaner, nettoyer, assembler, arranger, agencer, tisser, enrouler, nouer, fixer
chaque action répétée contribue à donner une forme à la matière, aux matériaux trouvés
les gestes simples mais déterminés révèlent un savoir-faire développé patiemment au fil du temps : tissage, nœuds de cordage

les mains de Marie-Claude qui nouent, feutrent, cousent
les mains de Karen qui façonnent des corps miniatures et se posent au piano
les mains de François qui pressentent à quel moment démouler une forme
les mains de Vincent qui feutrent, déplacent et replacent de petits fantômes

assembler, Marie-Claude
cadrer, toucher, caresser le vide, Estela
modeler un entre-deux, Karen
relier, Vincent

absence
aurore
blanc
bruissement
chambre
cicatrice
ciel
conversation
jeu
magie
maison
métamorphose
mort
murmure
nuit
perte
peur
plainte
retour
silence
souffle
terre